| Le Ruban blanc - ou la Palme d'Or 2009 |
| Écrit par Maître Capellito | ||||||||||||
| 29-10-2009 | ||||||||||||
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Michael Haneke, cinéaste autrichien multirécompensé à Cannes et ailleurs, déboule au cinéma avec son fameux Ruban Blanc. Palme d’or au dernier Festival, cette œuvre oppressante et singulière vaut très certainement un détour par le cinéma le plus proche…
Un vieil homme, dont on n’entend que la voix, raconte l’histoire qu’il a vécue bien des années plus tôt.
Allemagne, dans un petit village complètement perdu, juste avant la première guerre mondiale. La tranquillité de ce village va se trouver complètement bouleversée en l’espace de quelques jours. Le médecin a un accident de cheval, accident provoqué par un acte malveillant, une femme meurt brutalement dans une usine, l’enfant du baron est enlevé et sauvagement battu… Au début, le spectateur invoque bêtement la fatalité, la coïncidence mais, très vite, il se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond à Eichwald (le nom du village).
Le seul être auquel on peut se raccrocher est l’instituteur, un « vieux » garçon de 31 ans, aussi rondouillard que binoclard. Celui-ci, qui s’occupe aussi bien de l’école que de la chorale, a de plus en plus de doutes sur les enfants du coin. Et on ne peut pas vraiment lui donner tort : les enfants de tous les âges, toujours groupés, semblent glisser dans les rues du village, tels des fantômes. On sent qu’un lourd secret se cache dans toutes leurs attitudes et leurs conciliabules. L’instituteur parviendra-t-il à percer le mystère du village ?
Incontestablement, Michael Haneke est un grand cinéaste. Alors, certes, tout cela n’est pas gai mais le moins qu’on puisse dire c’est que Haneke sait planter un décor et créer une ambiance. Chapeau et re-chapeau à lui pour avoir réussi un tel chef-d’œuvre en partant d’un sujet aussi improbable : l’histoire d’un hameau allemand en 1913. Le noir et blanc est d’une efficacité étonnante. Le jeu de lumière et d’ombre donne une photographie d’une beauté rarement atteinte au cinéma et les plans du réalisateur sont un modèle du genre. Difficile de ne pas se sentir happé par l’histoire, de ne pas se laisser entraîner par les personnages. D’ailleurs soulignons l’immense qualité de l’interprétation, notamment celle des enfants (la scène du petit Rudi qui apprend ce qu’est la mort est poignante). Oui, oui et oui, ce film est l’un des plus grands de ce début du 21ème siècle.
Mais puisqu’il faut être honnête, reconnaissons à ce film deux ou trois défauts. D’abord, ne cherchez pas trop les rubans blancs au cours des 2h30 de la séance : ils ne sont qu’anecdotiques et ne vous mettront pas vraiment sur la voie pour découvrir le mystère d’Eichwald. Ensuite, on ne pourra que regretter que la première heure du film, brillante et envoûtante, soit suivie d’une deuxième heure un peu longuette et par un dernier quart d’heure très très léger. On aurait tant aimé que les clefs nous soient données.
Mais bon…ne boudons pas notre plaisir et tiens – pourquoi pas ? – retournons voir ce Ruban blanc (en VO, ABSOLUMENT !), rien que pour la scène du pasteur qui s’adresse à ses enfants. Une scène de légende !!!
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